sábado, 26 de dezembro de 2015

Des ententes aux lendemains incertains


J.-M. Nobre-Correia
Politique : Des Européens attentifs à l’évolution des vies politiques des pays du continent et particulièrement à celle du Portugal se demandent comment expliquer que la gauche soit parvenue ici à des accords de gouvernement…

Partons d’un constat : les Européens qui s’intéressent à la politique portugaise sont pour une large part ceux qui ont débarqué à Lisbonne en 1974-75. Ils voulaient alors observer et même vivre de près la Révolution des Œillets [1]. Le plus souvent, désenchantés, ils ne sont plus revenus et ont pris leurs distances à l’égard du « jardin au bord de mer planté » [2]. Et, quatre décennies plus tard, ils gardent comme souvenir ce qu’était la société portugaise du milieu des années 1970…
Il faudra alors dire à ces Européens-là que le Portugal n’est plus ce qu’il était. En 1974-75, quand on débarquait à Lisbonne on était surpris de découvrir une société aux caractéristiques somme toute éloignées de celles des autres sociétés d’Europe occidentale. Les gens ne s’habillaient pas de la même façon, les habitudes de consommation étaient différentes et même en termes de comportement dans la vie quotidienne la dissemblance était évidente, alors que les infrastructures du pays étaient notoirement déficientes, voire médiocres. Le Portugal se trouvait alors plutôt en voie de développement sur le plan économique et quelque peu arriéré en termes socio-culturels…
Des mutations de fond
Aujourd’hui, au-delà des traits propres à l’identité culturelle d’une société avec neuf siècles d’histoire, plus grand-chose ne distingue les Portugais de ses voisins. Le réseau routier est un des plus performants d’Europe et les technologies appliquées notamment aux péages, à la banque et à la télévision ont quelques bonnes longueurs d’avance par rapport à celles de la plupart des pays « occidentaux ». Si l’enseignement obligatoire n’était que de quatre ans jusqu’en 1966 et de six jusqu’en 1986, il est aujourd’hui de douze ans. Et s’il n’y avait que quatre universités publiques au Portugal à la veille de la Révolution des Œillets, il y en a aujourd’hui 14 auxquelles sont venus s’ajouter 15 instituts polytechniques publics [3], sans parler des nombreux établissements d’enseignement supérieur privés inexistants auparavant.
Par ailleurs, un Service national de Santé a été créé sur tout le territoire national et permet à tous les individus d’accéder gratuitement à un « médecin de famille » et à des soins médicaux, dans la pire des hypothèses à des prix extrêmement réduits (malgré les coupes sèches effectuées par les précédents gouvernements de droite). Enfin, les trois quarts des foyers portugais sont aujourd’hui propriétaires de leurs logements, le parc immobilier ayant été considérablement élargi et rénové.
Pour ce qui est de la vie politique, les très nombreuses formations gauchistes existantes en 1974-75 ont plus ou moins disparu. Seul survit un MRPP (Mouvement de Réorganisation du Parti du Prolétariat-Parti communiste des Travailleurs portugais), malgré le fait qu’il ne soit jamais parvenu à aller au-delà de 1,1 % des votes exprimés à des élections législatives. Ces dernières semaines, il est toutefois tombé dans des procès internes de dénonciation de « traitrise » et d’exclusion que l’on croyait d’un autre âge.
En revanche, une originalité de la scène politique portugaise est la naissance du Bloc de Gauche (BE : Bloco de Esquerda), issu de la convergence plutôt inédite en 1999-2000 d’une UDP (Union démocratique populaire : marxiste léniniste), d’un PSR (Parti socialiste révolutionnaire : trotskiste mandeliste) et d’un Política XXI (d’anciens du Parti communiste portugais et du Mouvement démocratique portugais, dissout en 1994), dans lequel s’est retrouvée la grande majorité de la gauche radicale. Aux dernières élections législatives du 4 octobre, il a atteint les 10,2 % des votes exprimés et est devenu le troisième plus important parti politique portugais, après le PSD (Parti social démocrate) et le PS (Parti socialiste).
Ce Bloc de Gauche est avant tout un parti d’adhérents jeunes, au niveau d’instruction élevé, résidant dans des grandes villes. Ses personnalités les plus en évidence à l’heure actuelle ont un âge situé entre 29 et 42 ans. Et quelques anciens leaders plus âgés sont des intellectuels brillants liés au monde universitaire. Le BE reste cependant un parti peu implanté sur le terrain, ne comptant à l’heure actuelle aucun bourgmestre (maire) et seulement 8 échevins (adjoints au maire) sur un total de 2086 que compte le pays.
D’autre part, alors que la plupart des partis communistes ont disparu en Europe ou sont en voie de disparition, le PCP ne se porte pas trop mal. Même s’il est toujours perçu à l’étranger et même en partie au Portugal comme une vieille réminiscence d’un léniniste partisan du « socialisme réel », surtout implanté auprès d’une population vieillie et peu instruite. Pourtant, son implantation sociale n’est pas négligeable : 34 bourgmestres (sur un total de 308 que compte le pays) et 213 échevins (sur 2086), outre un poids évident au sein du principal syndicat, la CGTP (Confédération générale des Travailleurs portugais). Ajoutons à cela, un rajeunissement évident de ses cadres et plus particulièrement de son groupe parlementaire, beaucoup de ses députés aux formations académiques poussées se situant dans les tranches d’âges des 30-40 ans.
Autrement dit (et ce sont des points très importants) : au sein du PCP et surtout du BE, les responsables qui n’ont pas connu la dictature salazariste et les chemins douloureux de la résistance et de la clandestinité sont très nombreux. En outre, le niveau d’instruction de ces jeunes est sans commune mesure avec celui de l’ancienne génération de responsables, aujourd’hui bien souvent en retrait de la vie politique ou décédés.
La radicalisation de la droite
Toutefois, c’est cette gauche formée par le BE et le PCP qui, ensemble avec la droite du PSD et du CDS (Centre démocratique social), a provoqué la chute du second gouvernement du socialiste José Sócrates [4], le 23 mars 2011. La gauche de la gauche voulait ainsi s’opposer aux mesures de « rigueur » prévues par le quatrième PEC (Programme de stabilité et croissance) concocté par le gouvernement avec les institutions européennes [5]. Tandis que la droite voulait saisir l’opportunité pour, dans ce climat de « rigueur » de plus en plus pesant, saisir la balle au bond du mécontentement, provoquer la dissolution de l’Assemblée de la République, gagner les élections et accéder au gouvernement.
Malgré des origines prétendument démocrates-chrétiennes du CDS et sociales-démocrates du PSD, tous deux membres du PPE (Parti populaire européen), l’identité sociologique et idéologique de ces deux partis n’obéit toujours pas à des contours très précis, plus de 40 ans après le retour de la démocratie. En revanche, on a assisté pendant les deux gouvernements présidés par Pedro Passos Coelho [6], et surtout le premier, à une radicalisation considérable de la pratique comme du discours des principaux responsables des deux formations [7]. Des tournants qui ont d’ailleurs suscité des critiques de la part de certains anciens hauts responsables de ces partis.
Cette radicalisation s’est manifestée notamment dans les privatisations à tour de bras du nombreuses institutions ou entreprises publiques, livrées le plus souvent à des intérêts étrangers, voire même à des investisseurs aux contours flous, notamment chinois. Mais aussi dans les coupes claires effectuées dans les budgets d’institutions publiques et, en revanche, dans la générosité manifestée en matière de subventions et facilités accordées à des entreprises privées (notamment dans les domaines de l’assistance médicale et de l’enseignement). Ou encore dans l’hostilité permanente affixée envers le texte de la Constitution et le Tribunal constitutionnel, voire dans des pratiques manifestement en violation de la législation en la matière : dernier acte en date de cette nature, la privatisation de la compagnie aérienne nationale, la TAP, le lendemain même de la chute du second gouvernement Passos Coelho, malgré l’opposition manifestée depuis des mois à un tel projet par tous les partis d’opposition.
Pendant les gouvernements Passos Coelho, la paupérisation de la classe moyenne est devenue évidente et une partie des milieux les plus pauvres est tombée dans une misère noire. Les inégalités sociales se sont accentuées et pris des dimensions choquantes, alors que les revenus des milieux dirigeants montaient de façon éclatante : jamais, par exemple, on n’a vendu autant de voitures de luxe dans le pays ! L’avidité de la classe dirigeante devenait de plus en plus manifeste, tout comme son manque de scrupules, sa pratique à grande échelle de la corruption et de la fraude, des traits de caractère qui, alliés à l’incompétence de certains de ses leaders, ont provoqué des faillites ou des quasi-faillites de pas moins de quatre banques : BPN (Banque portugaise d’affaires) en 2008, BPP (Banque privée portugaise) en 2010, BES (Banque Espírito Santo) en 2014 et BANIF (Banque internationale de Funchal) en 2015.
Le sursaut de la gauche
Ces comportements de la droite gouvernementale et des milieux dirigeants du secteur économique ont provoqué une radicalisation du mécontentement de une bonne partie de la population. Et les formations de gauche ont compris qu’il était urgent de procéder à un tournant de la vie politique, de mettre fin à l’austérité, à une politique de dépossession des infrastructures économiques et des leviers d’intervention dans la vie économique, de réduction de l’État et du secteur public à leurs plus simples expressions, d’appauvrissement de la majorité de la population, d’accroissement du chômage et d’explosion de l’émigration vers l’étranger [8]. Qu’il ne fallait dès lors pas que ce soient ces formations politiques de gauche à faire la courte échelle à la droite et à la maintenir d’une façon ou d’une autre au pouvoir.
Au lendemain des élections du 4 octobre, la conjonction de trois facteurs a permis à la gauche de se retrouver 40 ans après la grande rupture des années 1974-75 entre le PS, d’une part, le PCP et la gauche radicale (aujourd’hui représentée para le BE), d’autre part. D’abord, la coalition PSD-CDS, bien qu’étant la liste qui a recueilli le plus de votes, est restée minoritaire : 107 élus sur les 230 que compte l’Assemblée de la République. Le PS s’est classé en deuxième position (86 élus), bien loin de la majorité absolue qu’il espérait pour pouvoir gouverner seul [9]. Et, troisièmement, la Constitution ne permet pas la réalisation de nouvelles élections dans les six premiers mois d’une nouvelle législature.
Voulant se trouver au gouvernement et ne pouvant pas accepter d’être un partenaire en second de la coalition PSD-CDS ou même du seul PSD (une alliance avec le seul CDS ne lui permettant pas de disposer d’une majorité au parlement), le PS a été obligé de se tourner vers les formations à sa gauche. D’autant plus que, en fin de campagne électorale, lors d’un débat entre leurs deux leaders, le BE (19 élus) avait formulé trois conditions préalables pour célébrer un accord avec le PS. Et que, aux premiers moments de la soirée électorale, une fois connues les premières estimatives, le PCP (15 élus) avait affirmé par la bouche de son secrétaire général que le PS se trouvait en situation de former le gouvernement, à moins de ne pas le vouloir. L’ensemble PS-BE-PCP-PEV (Parti écologiste les Verts, qui s’était présenté aux élections en coalition avec le PCP : 2 sièges) disposait en effet d’une confortable majorité de 122 sièges sur un total de 230 que compte l’Assemblée de la République [10].
Quarante ans après le « mur de Berlin » qui s’est installé entre le PS et les formations à sa gauche, un tournant majeur s’est opéré dans vie politique portugaise : les partis de gauche se parlent et négocient entre eux [11]. Ce qu’on appelait au Portugal « l’arc de gouvernement », voulant signifier que le gouvernement ne pouvait théoriquement être formé que par le CDS, le PSD ou le PS ou bien par un accord entre deux de ces partis, cessait d’exister : tous les partis représentés au parlement sont désormais en droit de faire partie du gouvernement. Il n’y a plus désormais des partis de première et des partis de seconde, comme l’affirme le secrétaire général du PS et futur premier ministre, António Costa.
Des interrogations pour l’avenir
Toutefois, contrairement à ce que beaucoup à gauche espéraient, les quatre partis ne se sont jamais rencontrés ensemble et n'ont pas cherché à parvenir à un accord unique. Les négociations ont eu lieu entre le PS et chacun des autres partis, donnant lieu à trois accords bilatéraux entre le PS et chacun d’entre eux. Car aussi bien le BE que le PCP ont refusé d’entrer au gouvernement. Même si, ensuite, la gauche ensemble a élu un ancien leader du BE pour siéger au Conseil d’État (où la gauche radicale n’avait jamais été représentée) et un autre du PCP (qui en avait été écarté depuis dix ans) [12].
L’avenir du gouvernement du PS, constitué uniquement de personnalités membres du parti ou proches de celui-ci, reste pourtant fragile. D’autant plus que le BE se montre assez revendicatif et que PCP tient à affirmer ses réserves et sa distance à l’égard d’un gouvernement qui n’est pas le sien. Une première illustration de cette fragilité a été donnée lors du vote le 23 décembre du « budget rectificatif » de l’État, où BE, PCP et PEV ont voté contre, tout comme le CDS et le PAN, son approbation n’ayant été possible que grâce au vote du PS et à l’abstention du PSD.
Cette fragilité et ces divisons sont également illustrées par les candidatures à l’élection du président de la République dont le premier tour aura lieu le 24 janvier et, au besoin, le second tour le 14 février. Un seul candidat est issu de la droite, tandis (outre toute une série de candidats de moindre importance) quatre candidats au moins se disputent les électeurs de la gauche.
De l’issue de cette élection présidentielle et du sort du gouvernement socialiste actuellement en place dépendra l’avenir de la gauche portugaise. Et tout porte à croire que l’on pourrait assister à une recomposition dont on ignore évidemment les contours qu’elle pourra prendre : le PS parviendra-t-il à se maintenir comme principal formation de la gauche ? Ou court-il le risque de perdre ses électeurs de centre-gauche au profit du PSD et ceux de gauche en bénéfice du BE ? Le BE deviendra-t-il la formation pivot entre un PS social-démocrate et un PCP indécrottablement classique ? Le BE sera-t-il la future formation de gauche montante au détriment du PS, sur sa droite, et du PCP, sur sa gauche ? À contre-courant des partis frères européens, le PCP parviendra-t-il à se maintenir comme formation politique la plus radicale avec une représentation parlementaire de poids ? Et maintiendra-t-il son influence dans la principale confédération syndicale portugaise ?…
Des réponses à ces d’interrogations et à bien d’autres dépendront l’avenir de la gauche portugaise. Mais aussi, soyons-en certains, l’avenir de la société portugaise…



[1] Voir à ce propos J.-M. Nobre-Correia, « Ce lointain parfum d’œillets… », in Politique, Bruxelles, n° 85, mai-juin 2014, pp. 18-19.
[2] Expression fort répandue tirée d’un poème de Fernando Pessoa.
[3] Si à l’origine, les instituts polytechniques étaient censés proposer un type d’enseignement différent des universités, aujourd’hui la principale différence est que les universités proposent un cycle d’études doctorales, ce que les instituts polytechniques ne sont pas autorisés à faire.
[4] Le premier ministre José Sócrates a été à la tête d’un gouvernement socialiste majoritaire du 12 mars 2005 au 26 octobre 2009 et, ensuite, d’un gouvernement socialiste minoritaire du 26 octobre 2009 au 21 juin 2011.
[5] Voir à ce propos J.-M. Nobre-Correia, « Portugal : après quarante ans, le grand tournant », in Politique, Bruxelles, n° 93, janvier-février 2016, pp. 12-15.
[6] Le premier ministre Pedro Passos Coelho a été à la tête d’un gouvernement PSD-CDS majoritaire du 21 juin 2011 au 30 octobre 2015 et, ensuite, d’un gouvernement PSD-CDS minoritaire du 30 octobre 2015 au 26 novembre 2015.
[7] Voir à ce propos J.-M. Nobre-Correia, « Les incertitudes des lendemains », in Notas de Circunstância 2, 11 novembre 2015.
[8] Selon l’INE (Institut national de Statistique) : 100 978 personnes ont quitté le Portugal en 2011, 121 418 en 2012, 128 108 en 2013 et 134 624 en 2014. Cette nouvelle vague d’émigration se caractérise par la jeunesse et la formation académique élevée de ceux qui ont quitté le pays. De tels chiffres ont permis que le gouvernement de droite PSD-CDS affirme que le taux de chômage avait diminué les derniers mois, « oubliant » de poids de cette vague d’émigration dans la baisse du chômage…
[9] Voir à ce propos J.-M. Nobre-Correia, « Cette jouissance éphémère… », in Notas de Circunstância 2, 8 octobre 2015.
[10] Le nouveau parti Personnes Animaux Nature a élu un député à l’Assemblée de la République.
[11] Des négociations au plan local ont eu lieu à diverses occasions entre formations de gauche. Mais jamais de telles négociations n’avaient concerné le gouvernement national.
[12] Le Conseil d’État est l’organe consultatif du président de la République.

sexta-feira, 4 de dezembro de 2015

Silêncios inaceitáveis


J.-M. Nobre-Correia
Média : Os jornais têm tendência a informar pouco ou nada sobre o que lhes diz respeito. Deixando isso aos concorrentes. E perdendo assim credibilidade aos olhos dos fiéis leitores. É o que está a acontecer com o I e o Sol

Os jornais perdem cada vez mais leitores. Sobretudo os de informação geral. Sobretudo em Portugal. Só que os ditos jornais de informação geral nunca se interrogam sobre as razões da sua perda de importância. Ou melhor : arranjam a desculpa habitual. Habitual mas real : a internet. E para explicarem a situação financeira difícil em que em muitos casos se encontram, têm outra desculpa. Desculpa ela também real : a queda das receitas publicitárias. E pronto : as explicações ficam-se por aqui !…
Geralmente, os ditos jornais abstêm-se de se interrogar sobre eles próprios. Sobre a variedade do seu conteúdo. Sobre a qualidade do produto proposto. Sobre o rigor dos factos. A mais valia das interpretações, das análises e dos comentários. A estética da escrita e da iconografia. Sobre a adequação a um público alvo mais ou menos delimitado. Sobre as condições de distribuição e de comercialização…
Do enviesamento ao mutismo
Para evocar apenas a questão do conteúdo, quantos deles não cometem erros monumentais em matéria de credibilidade ? Nomeadamente quando se trata de matérias que lhes dizem respeito. O caso dos dados periódicos da APCT (sobre a difusão) e da Bareme (sobre a audiência) é aliás significativo disso : cada jornal interpreta-os de maneira geralmente favorável a ele próprio e desfavorável em relação à concorrência, ou decide muito simplesmente nem falar no assunto. Quanto à preocupação em fazer uma análise séria e competente dos resultados, isso é ideia que nem sequer passa pela cabeça dos responsáveis dos ditos jornais.
Mais grave ainda quando o próprio jornal é o último a dizer o que se passa com ele próprio, com a sua propriedade, com a sua sociedade de edição, com a sua redação. Ou mesmo quando estas questões nem sequer são evocadas por ele próprio. E é nos concorrentes que se têm que procurar as notícias a este propósito, até porque se ouviram ou leram já elementos de informação sobre o assunto. Pelo que o jornal em questão perde inevitavelmente credibilidade aos olhos dos seus leitores habituais…
Notícias sobre o diário I e o semanário Sol apareceram aqui e ali em 30 de novembro. No dia seguinte, 1 de dezembro, os teoricamente mais diretos concorrentes do I, o Diário de Notícias e o Público davam grande importância ao assunto : “Mais de cem trabalhadores do Sol e do i são despedidos em dezembro”, escrevia em título o primeiro, dando 2/3 de página ao tema ; “Despedidos dois terços dos trabalhadores dos jornais Sol e i” dizia em título o segundo, tema a que consagra uma página inteira.
No I do mesmo 1 de dezembro, nem uma palavra sobre o assunto. No dia 2, o diretor escreve um editorial a uma coluna intitulado “Fazer jornais é mais do que uma paixão. É uma forma de vida”. Um texto relativamente “literário” sobre os estados de alma do autor perante a situação que estão a atravessar o I e o Sol, sem todavia dizer nada, absolutamente nada de concreto, de fatual, sobre a dita situação. No dia 3, de novo nem uma palavra. E no dia 4 aparece uma coluna de um jornalista intitulada “Imprensa” que faz uma exposição teórica sobre as dificuldades que conhecem os jornais, sem nunca evocar os casos do I e do Sol
Porém, dia 4 de dezembro é sexta-feira e portanto dia de publicação do semanário Sol. Desiludamo-nos no entanto. Também não encontraremos no Sol a desejável informação fatual sobre o assunto. Uma “Nota Editorial” publicada na primeira página e concluída na última do caderno principal, intitulada “Com os olhos no futuro”, informa-nos todavia que a Newshold, que controla os dois jornais, “vai deixar de operar em Portugal”, mas que “os dois títulos continuarão a publicar-se”. E termina a “agradecer aos acionistas da Newshold […] pelo investimento considerável que fizeram e que permitiu manter o jornal vivo em circunstâncias muito adversas”.
Credibilidade e perda de leitores
A ler o diário I e o semanário Sol nada saberemos portanto das razões que levam a Newshold a sair de Portugal e a despedir uns 120 trabalhadores. Nem o que permite afirmar que os dois jornais “continuarão a publicar-se”. Nem quem serão os novos acionistas. Nem como explicar as alterações nas direções dos jornais (nomeadamente num post-scriptum do diretor executivo do Sol), assim como na periodicidade dos dois títulos, mudanças anunciadas por outros…
Para saber o que se passa no I e no Sol, há que procurar a informação em jornais concorrentes. Quando é no I e no Sol que se encontram certamente os jornalistas mais bem informados sobre o assunto. E se eles não dizem aos leitores o que melhor sabem, como acreditar que relatem bem factos que não lhes dizem diretamente respeito e que muito provavelmente conhecem menos ? Uma perda de credibilidade aos olhos dos leitores habituais que se paga precisamente com a perda de leitores…

sexta-feira, 13 de novembro de 2015

De uma democracia para a outra


Política : Olhando em redor, a sensação é cada vez mais clara de que andam por aí muitos altos (ir)responsáveis políticos que sonham ostensivamente com uma reconstituição quanto possível dos tempos “da outra senhora”…

Tendo residido mais de 45 anos no estrangeiro e vivendo em Portugal apenas há pouco mais de três anos e meio, o que me impressiona regularmente é a apatia do povo português, o amorfismo em que vive a sociedade portuguesa. Mas também me impressiona a assustadora indiferença com que o resto do mundo assiste ao que se passa em Portugal.
Noutros países europeus de velha tradição democrática, perante os dois últimos discursos de Aníbal Cavaco Silva, em véspera de eleições e sobretudo por ocasião da indigitação de Pedro Passos Coelho como primeiro ministro, e perante as delongas que Cavaco Silva está a adotar após a queda do governo minoritário PSD-CDS, teria havido reações violentas. Uma e outra e outra organizações provenientes da sociedade civil, uma e outra e outra personalidades do mundo sociocultural teriam tomado a iniciativa de (pelo menos) uma grande manifestação de massa diante do Palácio de Belém, em protesto contra as repetidas atitudes militantes intoleráveis daquele que deveria ser “o primeiro magistrado da nação”, isento, guardião do Estado de direito.
Este “país de brandos costumes”
Mas, em Portugal, "país de brandos costumes", reina uma preocupante indiferença. A permanente e sufocante ameaça salazarista que, durante quase meio século, aconselhava, impunha, ficar muito caladinhos, muito sossegadinhos, continua manifestamente a produzir frutos… Enquanto que a direita se vai radicalizando a olhos vistos e perpetrando uma e outra golpadas, ignorando soberanamente as leis e a Constituição que nos regem.
Tendo residido mais de 45 anos em Bruxelas, nunca por nunca ser experimentei, como agora, qualquer sentimento de inquietude perante as perspetivas de evolução da cena política. Na Bélgica, as alianças entre partidos sempre foram negociadas depois de serem conhecidos os resultados eleitorais e quantas vezes configuradas de maneira totalmente imprevista. Pelo governo nacional (agora chamado federal [1]) passaram partidos de direita, do centro e de esquerda, regionalistas, federalistas e até mesmo separatistas, por vezes com simpatias de extrema direita mais que duvidosas. Para não falar em crises que atravessaram ao mais alto nível a própria monarquia e muito seriamente a abalaram. Ou nas gigantescas manifestações de cariz belga ou europeu que deixaram por vezes o centro de Bruxelas transformado num sinistro mar de destroços.
E no entanto, nunca nesses longos, longos anos na “capital da Europa”, tive o sentimento que um “golpe de Estado” palaciano era possível. Que ignóbeis insinuações e manipulações fizessem lembrar negros momentos da propaganda política dos anos 1920-40. Que as confrontações físicas entre personagens, militantes e forças políticas fossem possíveis. Que algo poderia fazer resvalar seriamente a democracia parlamentar belga para recônditos obscuros de um temível regime político autoritário.
Vivendo em Portugal apenas há pouco mais de três anos e meio, sente-se que o discurso e a prática política dos governos de Pedro Passos Coelho se têm radicalizado de maneira particularmente inquietante, ignorando totalmente a existência de uma oposição. E que esta radicalização é ainda mais notória desde as eleições legislativas de 4 de outubro. Com uma inacreditável “crescendo” da violência verbal e uma arrogante desenvoltura perante as leis do Estado de direito e os preceitos da Constituição. O que tem tornado ainda mais transparente a ambição devoradora das correntes extremistas neoliberais e neoconservadores que têm dominado nestes últimos anos o PSD e o CDS, visando claramente uma substancial reconquista de posições que foram as dos meios dominantes do antigo regime, antes do 25 de Abril.
Estes “amigos” que nos ignoram
À primeira vista, parece estranho, muito estranho, que os média e os meios políticos da União Europeia se mantenham particularmente alheios ao que se passa em Portugal e sobretudo à evolução da sua situação política. Só que os média por toda a Europa dispõem cada vez de menos meios humanos e financeiros para cobrirem a atualidade estrangeira. E, por outro lado, esses mesmos média estão cada vez mais sob o controlo dos meios industriais e financeiros [2]. Os mesmos meios cujos interesses constituem de facto a primeira preocupação das diversas instituições da União Europeia, cada vez mais transformada em simples “mercado comum”. Pelo que não contemos que esses média e meios políticos venham reforçar o baluarte que terá que ser erguido, se quisermos que a democracia política, económica e social possa ser cada vez mais realidade no Portugal do pós-25 de Abril…



[1] A Bélgica conta um governo federal e cinco governos regionais ou comunitários.
[2] Ver a este propósito, J.-M. Nobre-Correia, “Presse : l’aube d’un nouveau monde”, in Politique revue de débats, Bruxelas, n° 91, setembro-outubro de 2015, pp. 16-18. Texto publicado também in Notas de Circunstância 2, 4 de setembro de 2015.