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Il y a 58 ans, mon premier jour d'exil !

Il y aura ce soir 58 ans, le 28 décembre 1966 je suis arrivé à Bruxelles : vers 20h40, il faisait noir, il faisait froid et il pleuvinait. Je n'y connaissais strictement personne, personne ne m'attendait et je ne savais même pas où je pourrais aller dormir ce soir-là !… J'avais avec moi une adresse que j'avais découvert dans un quotidien de Lisbonne du 10 décembre. Dans cet article sur les "Étudiants latino-américains en Belgique" (faux sujet de nature à surmonter l'interdiction de la Censure préalable !), le "Diário de Lisboa" fournissait manifestement des adresses …aux nombreux jeunes portugais qui cherchaient à sortir du Portugal du salazarisme et des guerres coloniales ! Au Centre international des Étudiants, 26 rue de Parme, la directrice m'a cependant dit qu'elle n'avait aucune chambre disponible ! Seule l'intervention d'étudiants haïtiens, faisant remarquer qu'une étudiante se trouvait en vacances de Noël chez ses p...

Une révolution dans le brouillard

J.-M. Nobre-Correia Professeur émérite d’Information et Communication à l’Université libre de Bruxelles   L’entrée en scène d’internet, à la toute fin du XXe siècle, a provoqué une explosion du système médiatique et entraîné un bouleversement des pratiques de l’information. Éditeurs et journalistes ont été obligés de devenir plus créatifs et d’assumer de nouvelles fonctions. Tandis que les simples citoyens étaient submergés par un torrent d’« infos » pas toujours fiables…   En matière d’information, nos ancêtres ont vécu un temps de certitudes ou de quasi-certitudes. Avec des journaux qui leur annonçaient les nouvelles avec le ton idéologique qui leur convenait, à eux, les ancêtres. Après, quand, déjà au XXe siècle, la radio, d’abord, et la télévision, ensuite, ont commencé à annoncer l’actualité dans le monde, ces ancêtres-là se sont rendu compte que, à bien y regarder de près, presse, radio et télévision ne parlaient pas des mêmes sujets d’actualité et ne les traitaient...

Um agradável bálsamo para o coração / Un agréable baume au cœur

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Quando, há pouco mais de dois anos, foi aberta a campanha eleitoral para a Reitoria da Université Libre de Bruxelles (ULB), recebi uma mensagem da Professora Annemie Schaus. Mensagem que deu lugar a um curto diálogo concluído então com a promessa de que, se ela fosse eleita, iria cumprimentá-la à Reitoria, em Bruxelas. Quando, por essa altura, eu não tinha voltado a Bruxelas há já oito anos… A pandemia do covid veio retardar durante mais de dois anos a concretização da promessa. E pequenos contratempos recentes fizeram que só agora, neste final de outubro, fosse possível ir a Bruxelas. Quando anunciei a apenas uma pequena vintena de amigos belgas que iria estar uma semana em Bruxelas, recebi imediatamente um convite da Senhora Reitora da ULB: receber-me-ia na Reitoria e iríamos jantar em seguida. E, dada a sobrecarga da sua agenda, o convite era para o próprio dia da minha chegada a Bruxelas. Dada a minha experiência três semanas antes com um atraso da TAP de 13h05 na ligação Lisboa- M...

Comment les médias reconfigurent la démocratie

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J.-M. Nobre-Correia Professeur émérite d’Information et Communication à l’Université Libre de Bruxelles Durant quelques longues décennies, ils ont joué un rôle d’insertion des individus dans la vie de la cité. Mais cela a bien changé… Le média est le message, disait Marshall McLuhan. Une affirmation que suppose diverses implications. Par exemple : quand le média change de nature, on assiste également à une redéfinition des contenus. Ainsi qu’à une redéfinition de la relation du média avec son public. Et encore à une redéfinition des liens que les citoyens établissent entre eux, ainsi qu’entre eux et les structures sociopolitiques dans lesquelles ils s’insèrent. En d’autres termes : l’évolution technologique, économique et sociologique des médias a inévitablement des répercussions sur la conception de l’information et des contenus des médias, et, par conséquent, sur le fonctionnement socioculturel et politique de la vie quotidienne et de la démocratie. Et les six grands moments...

L’Europe et être Européen

J.-M. Nobre-Correia Je viens de terminer la lecture d’um ouvrage collectif (sous la direction d’Olivier Guez),  Le Grand Tour  (Grasset, mars 2022, 456 p.) dont les auteurs sont 27 écrivains des 27 pays de l’Union européenne. Deux citations qui me plaisent : • du lituanien Tomas Venclova : « Ce qui fait l’unité de l’Europe, c’est qu’elle est un alliage composite de principes culturels qui ne se ressemblent pas, des principes séparés eistant dans des espaces différents, dans des temps différents, dans des langues différentes, mais qui ont un dénominateur commun ». • du suédois Björn Larsson : « Jusqu’à nouvel ordre, je dirais donc qu’un Européen, un “vrai”, est une personne qui peut s’imaginer sérieusement vivre, travailler, entretenir des amitiés, faire des enfants et aimer dans plus d’un pays européen ; quelqu’un prêt à apprendre une ou plusieurs langues européennes ; autrement dit, quelqu’un disposé à laisser derrière lui sa nationalit...

Comment devient-on un bon petit Français ?

J.-M. Nobre-Correia Dans la grosse caisse de livres en français que j’ai reçu ce matin, il avait  Les Portugais , une bande dessinée d’Olivier Afonso et Chico publiée au début de cette année-ci par Les Arènes. Je l’avais commandée parce que j’ai lu il y a quelques jours une recension de cet ouvrage dans le quotidien  Le Monde . À vrai dire, je ne suis pas un fan de ce type de dessin. Mais le scénario, sans être particulièrement original, est un bref aperçu en 131 pages de ce qu’a été l’émigration/immigration portugaise dans la France des années 1960-1970. L’histoire de ces dizaines, centaines de milliers de Portugais illégaux pour la plupart, vivant dans de misérables bidonvilles et devenus bien souvent du jour au lendemain des travailleurs du bâtiment et des travaux publics (les bien connus BTP). Des travailleurs acharnés, discrets, qui se sont peu à peu insérés dans la société française. L’histoire se termine d’ailleurs avec la naissance d’un enfant dont les parents portugai...

Saudades de ma seconde patrie !

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  J.-M. Nobre-Correia Cela fait aujourd’hui exactement neuf ans que j’ai quitté Bruxelles et me suis installé dans mon pays et ma ville d’origine. Jusqu’à présent, je n’ai jamais regretté mon choix de revenir au Portugal, 45 ans et trois mois après l’avoir quitté. J’avais d’abord des raisons affectives pour le faire, même si deux autres raisons se sont avérées totalement dépourvues de pertinence. Quoi qu’il en soit, je m’y sens enfin citoyen à part entière, ce qui n’est point du tout négligeable. Pourtant, les déceptions sont grandes. Les rapports sociaux ne sont plus du tout ce qu’ils étaient vers le milieu des années 1960. Et ma ville d’origine, qui a fortement grandi, est plutôt un désert en termes de sociabilité. D’autant plus que mes amis d’enfance ou de jeunesse ont pratiquement disparu, entre ceux qui se sont installés ailleurs (et surtout dans cette gigantesque pompe d’absorption qu'est Lisbonne !) et ceux qui sont décédés. Dans les faits, mon superbe appart, avec vue ...